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Je me sens presque libre depuis trois ans

  : Ajouté le 26/10/2006 à 20:27

«C’est pas ta mère qui t’envoie au moins ????»

 

Ça faisait bien quatre ans que je le recherchais activement.

Le dernier souvenir que j’avais de mon père remontait à mes cinq ans. En rentrant de l’école, ce jour-là, j’ai vu un mégot de cigarette, dans le jardin. Ma mère ne fumait pas. La seule personne qui fumait des Craven « A » roulait en coccinelle orange, portait un béret, jouait aux boules et avait une place déjà importante, dans mon petit cœur d’enfant : c’était mon père. Ce même petit cœur a fait un bond, devant ce mégot. Il était donc venu à la maison ! Il était peut-être même encore là !

Très vite, ma mère m’expliqua qu’il ne viendrait plus jamais. Que c’était fini. Qu’il avait voulu partir avant que je ne revienne de l’école.

Le reste demeure encore aujourd’hui enfoui dans une sorte de brouillard. Je ne sais plus ce que j’ai dit, à  ce moment-là. Je ne sais plus ce que j’ai pu penser. Rien. Le trou noir.

 

Et un jour, j’ai appris par une amie qu’il venait de rentrer de l’hôpital. Infarctus. Et là, ça a été rapide, dans mon esprit : si je n’allais pas voir mon père maintenant, ça risquait bientôt d’être trop tard. Je voulais juste le voir. Je n’avais rien à lui demander. Pas même une explication. Rien.  Je voulais seulement le voir avec mes yeux d’adulte. Je voulais un genre de comparaison, voir ce qu’il était devenu, si je lui ressemblais, si il était toujours comme dans mes souvenirs.

 

J‘avais vingt-six ans.

 D’abord, il a refusé de me reconnaître. Je lui ai donné mon prénom, le prénom de ma mère, le nom de la rue où on habitait quand il était venu pour la dernière fois à la maison. Non, tout cela ne lui disait rien. A un moment, j’ai même presque cru que je m’étais trompée de bonhomme. Mais non, il était exactement comme dans mes souvenirs. Aussi bourru, aussi ventru. Tout pareil ; et là je lui ai déclaré qu’il n’avait rien à craindre, que je n’étais pas venue pour lui demander quoique ce soit, qu’il ne me devait rien, même pas un mot. C’est à ce moment qu’il me demanda :

«C’est pas ta mère qui t’envoie au moins ????»

 

J’ai pris alors l’exacte mesure de la passion qu’il devait y avoir eu entre ma mère et lui. Plus de vingt ans après, c’est fou, une telle attitude !

 

Je lui ai dit que j’avais deux enfants.

il m’a fait prêter serment.

Solennellement.

«Jure-moi que tant que je serai vivant, mes enfants ne seront pas au courant de ton existence.»

Je n’ai jamais porté son nom. Il était l’amant de ma mère. Il était marié, de son côté. Il avait sa famille à lui. Moi, j’étais juste l’erreur. Celle qu’il fallait cacher. Même après vingt-six ans.

J’ai juré.

Et en contre- partie, je lui ai demandé une faveur : j’avais envie de l’appeler papa une dernière fois. Comme quand j’étais petite.

Il pleurait quand je suis partie.

Je lui ai laissé mon numéro. Pendant les semaines qui ont suivi, mon téléphone a sonné plusieurs fois, mais il n’y avait jamais personne de l’autre côté. Je ‘ai jamais su si c’était lui qui m’appelait.

 

Il est mort depuis trois ans, maintenant.

Je n’ai pas vu sa tombe encore. Je ressens le besoin de la voir. Cette croix, avec son nom dessus, cela me hante.

 

Je sais que quand j’aurai vu tout ça, avec mes yeux, je sais que je me sentirai enfin vraiment libre.

 

 

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Ho ! It's tea time

  : Ajouté le 26/9/2006 à 16:53

 

Une mono pause

Pour une multi cause

 

Sur le grand échiquier

Les combats ont cessé

C’est la trêve

Brève

Le roi et la reine font ripaille

Les fous s’encanaillent

Mais toi

Toi

Petit pion

Tu l’as dans le fion.

 

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Parenthèse... oui, encore

  : Ajouté le 26/9/2006 à 16:18

 

Coquine ou divine

                            Féconde ou moribonde

Profonde ou vagabonde

 

                            L’âme secrète

Se cache parfois

                            Dans la botte

D’un ouragan

                            Meurtrier

 

Le quai d’or sait

                            Le pont d’argent

                   Aussi

                            La défense ne réside

Ni dans l’aversion

Ni dans le thème

 

                            Peut-être

Qu’en vertu d’un certain

                            Anathème…

 

Peut-être…

 

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